Arrêt n° 157, affaire : madame K épouse K c/ monsieur K.
Décidé le 2011-05-06arrêt n° 157 du 6 mai 2011appeal
Persuasif
Non publié au recueil
En-tête
LA COUR
Vu les pièces du dossier ;
Ouï les parties en leurs conclusions ;
Ensemble l’exposé des faits, procédure, prétentions, moyens des parties et les motifs ci-
après ;
EXPOSE DES FAITS, PROCEDURE, PRETENTIONS ET MOYENS DES
PARTIES
Faits
Considérant que par exploit en date du 05 novembre 2010, Madame A épouse K, a
déclaré interjeter appel de l’ordonnance de Première Instance d’ABIDJAN qui en la cause a
statué comme suit :
«Déclarons recevable Monsieur K en son action ;
L’y disons bien fondé ;
Déclarons partiellement nulle la saisie conservatoire du 08/07/2010, en ce qui concerne
les biens n’appartenant pas au débiteur ;
Ordonne la mainlevée de la saisie attribution de créances en date du 08 juillet 2010,
pratiquée par Madame A épouse K.
La condamnons aux dépens ; »
Considérant qu’il résulte des pièces du dossier notamment des conclusions des parties et
de la décision attaquée que par un jugement n°71/ADD du 06/01/2010, Monsieur K a été
condamné à payer la somme de 1.000.000 francs à titre de pension alimentaire ;
Que son épouse a fait pratiquer une saisie attribution le 02 juillet 2010 sur son compte
pour avoir payement de la somme de 6.000.000 francs ;
Que M. K a saisi le juge des référés qui en a ordonné la main levée aux motifs que « M.
K s’est acquitté des sommes dues » ;
Considérant que Madame A, appelante, soulève la nullité de l’ordonnance pour
omission de statuer ;
Qu’elle explique que le juge n’a pas statué sur la nullité par elle invoquée de l’exploit
introductif d’instance, l’huissier instrumentaire nommé près le Tribunal de Yopougon n’ayant
pas la compétence pour instrumenter au Plateau ;
Que l’ordonnance est également nulle pour violation de l’article 142 du Code de
Procédure Civile en ce qu’elle n’a fait qu’un résumé partiel de ses prétentions en omettant de
faire référence à son avocat ;
Qu’au fond, elle fait valoir que les sommes payées ne concernent pas la pension
alimentaire ;
Considérant que Monsieur K, intimé, n’a ni conclu ni comparu ;
DES MOTIFS
Considérant que la notification de l’acte d’appel a été faite en l’étude de la Société
d’Avocats Jurisforis, Conseil de Monsieur K ;
Qu’il convient alors de statuer par arrêt contradictoire conformément aux dispositions
de l’article 144 du Code de Procédure Civile ;
- En la forme :
Sur la recevabilité de l’appel
Considérant que l’appel de dame A épouse K est intervenu dans les forme et délai
prévus par les articles 172 de l’acte Uniforme OHADA portant organisation des procédures
simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution et 164 à 169 du Code de Procédure
Civile ;
Qu’il y a lieu de le déclarer recevable ;
- Au fond :
- Sur la nullité de l’ordonnance pour omission de statuer
Considérant qu’il résulte des dispositions de l’article 206 du Code de Procédure Civile
que "l’omission de statuer est une cause de nullité de la décision rendue " ;
Qu’en l’espèce, il résulte des énonciations de l’ordonnance attaquée que Mme A a bien
soulevé l’irrecevabilité de l’action en contestation pour incompétence territoriale de l’huissier
ayant servi l’acte d’assignation ;
Que l’ordonnance attaquée n’y a effectivement pas statué ;
Que Madame A est donc bien fondée en sa demande d’annulation ;
Qu’il convient alors d’annuler l’ordonnance attaquée ;
- Sur évocation
1- L’irrecevabilité pour l’action pour incompétence territoriale de l’huissier
Considérant que Madame A ne produit pas l’acte d’assignation incriminé pour
permettre l’appréciation de moyen ;
Qu’il y a lieu de rejeter l’exception soulevée ;
2- La nullité de l’ordonnance pour violation de l’Article 142 du Code de Procédure
Civile
• Sur la nullité pour résumé partiel des prétentions :
Considérant qu’il résulte des pièces du dossier que le juge a bien visé toutes les
préoccupations de Mme A.
Que celle-ci n’indique pas les préoccupations qui auraient été omises ;
Qu’il convient de l’y dire mal fondée et de rejeter les moyens ;
• Sur la nullité pour non indication de l’identité du conseil de Mme A :
Considérant que l’ordonnance entreprise a été annulée ;
Qu’il s’ensuit que cette demande apparaît sans objet ;
3- Sur la demande de main levée de la saisie :
Considérant qu’il résulte des pièces du dossier que les sommes payées au titre des
charges habituelles ménage (eau, téléphone, impôt foncier…) sont différentes de la pension
alimentaire destinée à l’entretien de son bénéficiaire ;
Que l’exécution tardive de la décision qui l’alloue ne signifie nullement que la
bénéficiaire n’est pas dans le besoin dans la mesure où il est constant que les décisions ne sont
pas remises aux parties le jour de leur prononcé ;
Qu’il s’ensuit qu’il ne peut être valablement reproché à Mme A d’avoir attendu 06 mois
pour engager l’exécution de la décision de condamnation ;
Qu’il échet alors de déclarer mal fondée la demande de mainlevée présentée par M. K ;
Dispositif
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, contradictoirement, en matière d’urgence et en dernier ressort :
- En la forme :
Déclare recevable de Mme A ;
- Au fond :
L’y dit bien fondée ;
Annule l’ordonnance n° 1913 du 03 Septembre 2010 pour omission de statuer.
- Evoquant
Rejette l’exception de nullité de l’acte d’assignation pour incompétence territoriale de
l’huissier instrumentaire ;
Rejette l’exception de nullité de l’ordonnance pour violation de l’article 142 du Code de
Procédure Civile ;
Déclare mal fondée l’action de mainlevée de saisie de Monsieur K ;
L’en déboute ;
Dit que la saisie attribution opérée le 02 juillet 2010 sur les comptes de M. K inscrits
dans les livres de la SGBCI est valable ;
Met les dépens à sa charge ;
PRESIDENT : SEBEYOUX G. AIMEE
Sommaire de l’éditeur
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de la décision ci-dessus fait foi.
Ohadata J-13-36
VOIES
D’EXECUTION
–
SAISIE-ATTRIBUTION
–
DECISION
EN
CONDAMNATION – EXECUTION TARDIVE EXECUTION SIGNIFIANT QUE LE
BENEFICIAIRE N’EST PAS DANS LE BESOIN (NON) – MAINLEVEE (NON).
Il ne peut valablement reprocher à la demanderesse d’avoir attendu 06 mois pour
engager l’exécution de la décision de condamnation, dès lors l’exécution tardive de la
décision qui alloue la pension alimentaire ne signifie nullement que le bénéficiaire n’est pas
dans le besoin dans la mesure où il est constant que les décisions ne sont pas remises aux
parties le jour de leur prononcé.
Cour d’appel d’Abidjan, 3ème chambre civile et commerciale B, arrêt n° 157 du 6 mai 2011,
affaire : madame K épouse K c/ monsieur K. Juris Ohada, 2012, n° 2, avril-juin, p. 35